Fondation Passerelle | Espace Culturel Passerelle (ECP)
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Espace Culturel Passerelle (ECP)

Sous l’impulsion de Rokia Traoré, la ‘Fondation Passerelle’ a fait ses premiers pas ces dernières années. Elle a principalement investi dans la formation de jeunes musiciens. En privilégiant toujours des formes personnalisées et approfondies de formation musicale et instrumentale à long terme, dirigées par Rokia Traoré elle-même ou par des musiciens professionnels amis qu’elle invite à Bamako. Certains jeunes musiciens pouvaient ainsi acquérir une expérience professionnelle dans des projets musicaux de Rokia (cfr ‘Desdemona’ avec Peter Sellars – Wiener Festwochen – 2010, ‘Roots’ – Cité de la Musique/Paris – 2012).

D’une part, ces  premiers trajets de formation montraient qu’ils répondaient à une nécessité concrète: il y a un très grand nombre de jeunes talents musicaux et ils ont très peu de possibilités de formation. D’autre part, il est évident qu’il faut intensifier et structuraliser ces investissements ponctuels si l’on veut qu’ils fassent vraiment la différence. Plusieurs éléments essentiels sont nécessaires : un lieu de travail, un projet cohérent et complet, une équipe de personnel, un budget (initial). La bonne nouvelle, c’est que le lieu de travail et le cadre théorique du projet existent déjà.

Le lieu de travail

La ‘Fondation Passerelle’ dispose entre temps d’une série de sites de travail dans le quartier ‘Magnambougou –  concession rurale’ (tout près du troisième pont de Bamako, zone située entre les quartiers de Missabougou,  Yirimadjo et Magnambougou qui offrent de nombreuses possibilités : nous les appelons désormais l’‘Espace
Culturel Passerelle’ (ECP).

Seront disponibles à court terme : un lieu de présentation/de concert en plein air avec une capacité d’accueil  allant jusqu’à 1000 personnes pour des événements ; divers petits et grands lieux de travail en plein air pour des  répétitions musicales (et à terme aussi pour d’autres arts de la scène) ; de multiples possibilités de montrer des créations de diverses formes d’expression ; un vaste espace de bureau ; un bar et un restaurant ; une dizaine d’appartements où artistes et autres hôtes peuvent loger ; à terme un lieu couvert de travail et de présentation pour les arts de la scène avec une capacité d’accueil de 200 personnes.  Il est important de noter que tous ces terrains sont la propriété de Rokia Traoré, dédiée à la ‘Fondation Passerelle’. Il n’y a donc aucun loyer à payer. De plus, ils sont situés dans un quartier qui faisait partie de la périphérie de Bamako il y a dix ans, mais qui à présent fait pleinement partie du centre de la ville et très aisément accessible, à proximité du troisième pont. C’est un quartier avec une population surtout jeune, qui a peu de moyens mais beaucoup d’énergie, et avec laquelle les opportunités de collaboration sont multiples (voir plus loin).

De très nombreuses organisations et initiatives de quartier proposent des points d’ancrage et la possibilité de former un réseau dynamique axé sur des intérêts communs. Ces intérêts communs potentiels sont multiples. ‘Magnambougou – concession rurale’ (ou plus généralement: ‘ce côté-ci’ du fleuve) est marqué par l’absence d’infrastructures culturelles ou d’activités culturelles organisées. De plus, dans ce quartier, il y a énormément de pain sur la planche dans beaucoup d’autres domaines (enseignement, approvisionnement en électricité et en eau, voir plus loin) et la ‘Fondation Passerelle’ a également pour objectif de se lancer dans des engagements et des partenariats très poussés.

Le projet

Le but est de développer l’‘Espace Culturel Passerelle’ dans un délai de cinq ans pour en faire un lieu de formation, de création et de présentation pour les arts contemporains dans toute leur interdisciplinarité – musique, littérature, les arts de la scène, les arts plastiques et la photographie. La toute première mesure sera d’instaurer des formations, sous forme de périodes de résidence, pendant lesquelles de petits groupes d’artistes jeunes et locaux sont confrontés à des ‘mentors’ de l’extérieur (d’autres pays africains ou d’autres continents).
L’objectif est d’évoluer pas à pas au fil de ces résidences vers de petites constellations d’acteurs/créateurs dans diverses disciplines capables d’initier des créations professionnelles, ou d’y participer. L’ECP pourrait à terme jouer un modeste rôle de soutien en tant que coproducteur, qui d’une part représente un petit financement de base et qui d’autre part réunit d’autres partenaires potentiels autour du projet. Les créations seront à très petite échelle (un solo de danse, un concert ponctuel, etc.), à terme elles seront de plus grande envergure. Les initiateurs peuvent être des artistes maliens, africains ou non-africains. Et le but est en tout cas de proposer ces créations tout d’abord à un public local, de les partager avec lui, avant de les faire vivre éventuellement dans autres villes (africaines).

Dans le domaine des arts de la scène, plusieurs mentors externes ont déjà été consultés. Rokia Traoré elle-même bien sûr en raison de sa maîtrise des traditions musicales maliennes et des codes sociaux continuera à s’impliquer dans le formations. Dans le secteur des échanges africains, il y a un premier projet visant à établir une connexion avec la scène musicale vivante et créative de Kinshasa, avec laquelle Rokia Traoré a tissé des liens via ses collaborations avec quelques musiciens du projet ‘Coup Fatal’ (Rodriguez Vangama). En Afrique du Sud, un dialogue est entamé avec Neo Muyanga, musicien, compositeur. Enfin, un autre dialogue est entamé avec le musicien et compositeur européen Fabrizio Cassol (Aka Moon, Alefba, Coup Fatal, Macbeth) qui a à son actif un très grand éventail d’expériences suite à des échanges et à la fusion de traditions culturelles et musicales diverses.

En danse, il y a de nombreuses collaborations possibles avec des chorégraphes dynamiques sur le continent africain, et avec leurs activités ou structures : Serge-Aimé Coulibaly et Salia Sanou (Burkina Faso), Andreya Ouamba (Dakar), Panaibra Gabriel Canda (Maputo), Boyzie Cekwana (Durban), Faustin Linyekula (Kisangani).
L’objectif est également d’impliquer dans les résidences des dramaturges de danse, sur une base structurelle, d’Afrique et d’ailleurs, forts de la conviction qu’ils peuvent être un maillon essentiel dans le processus d’élaboration, de l’idée première à la représentation aboutie. Hildegard De Vuyst (Alain Platel, KVS, Badke) a déjà été abordée dans ce cadre.

En théâtre, il y a le souhait d’établir une connexion avec quelques artistes/créateurs de théâtre d’Abidjan/Côte d’Ivoire, qui font partie de la compagnie de la metteure en scène Monika Gintersdorfer basée à Berlin. Leur approche nouvelle, risquée, qui ne se base pas seulement sur du texte peut ouvrir des portes intéressantes.

En littérature, une piste intéressante consiste à établir des premiers contacts avec des organisations littéraires présentes sur le continent africain et qui ont fait de grands pas pour que la littérature devienne un acteur dynamique dans les débats et changements sociaux plus larges : Kwani de Binyavanga Wainaina à Nairobi et Chimurenga de Ntone Edjabe au Cap.

En arts plastiques, des discussions sont en cours avec un commissaire local et un commissaire étranger à propos de collaborations possibles : Chab Touré (Mali) et Elvira Dyangani-Osé (Guinée équatoriale, Espagne, UK) à propos de résidences avec des jeunes plasticiens du Mali.

Métissage et identité multiple

L’ECP se veut un lieu de travail culturel qui défend, stimule et fait rayonner la formation et la consolidation d’une identité culturelle malienne autonome et solide. Simultanément, les collaborations, résidences et créations initiées et stimulées à partir de l’ECP iront toujours de pair avec des échanges et des formes hybrides artistiques. Dans les villes africaines globalisées et mixtes de demain, tout comme dans l’oeuvre musicale de Rokia Traoré elle-même, le métissage et les entités multiples constituent sans conteste l’avenir, et non des formes diverses de monoculture. Dans ce domaine aussi, l’ECP veut être un précurseur et un pionnier.

Outre les résidences/créations/festivals propres, l’ECP collaborera aussi intensément avec d’autres partenaires locaux et ouvrira ses portes à des initiatives existantes qui recherchent une infrastructure culturelle de qualité dans ce quartier et dans cette partie de Bamako. Nous avons ainsi l’intention d’inaugurer l’ECP en avril-mai 2016 en partenariat avec le jazz-festival « Jazzy Koumbin » qui pourrait utiliser les espaces de présentation à Magnambougou concessions rurales.